Voie libre grâce au lance-flammes

Le mot «lance-flammes» évoque la guerre et la violence. Les CFF ont pourtant bel et bien utilisé cette arme, mais seulement pour lutter contre la glace et la neige. C’était il y a 50 ans.

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D’aucuns se souviennent probablement du conseiller national qui, dans les années 1990, avait dit des gauchistes et des écologistes: «Il faut les mettre au mur et les passer au lance-flammes.» Son parti avait pour slogan «Freie Fahrt für freie Bürger» (voie libre pour des citoyens libres). Quelques décennies plus tôt, les CFF se sont eux aussi servi d’un lance-flammes pour libérer la voie. Ce cracheur de feu mobile avait en effet pour mission de revigorer les aiguilles verglacées et enneigées. Un tracteur sur rails déplaçait l’appareillage composé de deux gros brûleurs et d’un réservoir de 1800 litres.

Cet assemblage terrifiant jouait semble-t-il bien son rôle: «Lors des fortes chutes de neige, toutes les aiguilles ont pu être dégagées en une heure», annonçait fièrement le Bulletin des CFF. Mais cette machine unique a été remisée après seulement quelques années d’utilisation à Rapperswil. Et pour cause: c’est à la même période que les chauffages fixes des aiguilles fonctionnant au propane ou à l’électricité se sont imposés, car plus appropriés sur le long terme. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 7400 installations qui, au besoin, se mettent en route pour revigorer le réseau.

Triomphe de la vapeur

Il y a tout juste 50 ans, c’était encore une innovation: deux chasse-neige rotatifs autonomes pour le service d’hiver au Saint-Gothard.

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Les deux roues de la turbine pouvaient éjecter la neige jusqu’à 40 mètres. Derrière chaque roue se cachait une hélice destinée à ramollir les torrents de neige dure et lourde. Les légendaires chasse-neige à vapeur «Rotary» de 1896 ont cédé la place aux chasse-neige rotatifs.

Cependant, pour les cas d’avalanches, ces vétérans d’époque se montraient plus performants: c’est ainsi qu’à l’hiver 1975, une année particulièrement avalancheuse, le «Rotary» menait encore la vie dure aux amas de neige dans la vallée de la Reuss (UR) et en Léventine. Aujourd’hui, il se repose au Musée Suisse des Transports.

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Entre-temps, le réchauffement climatique et le tunnel de base ont réduit le nombre d’interventions des chasse-neige rotatifs. Les CFF n’en possèdent actuellement plus que trois, les deux derniers ayant été acquis en 1982.

Voyage dans le temps

Dans cette rubrique, nous remontons le temps et nous nous intéressons à des traditions et à la technique ferroviaire d’une autre époque.