Talent Factory: la relève informatique développe les outils de demain

Depuis le mois de juillet, les CFF misent sur un nouvel outil dédié aux entretiens d’embauche. Ce dernier a été développé par des apprentis, des stagiaires et des étudiants de CFF Informatique. Rencontre avec eux à la fabrique des talents située au Bollwerk de Berne.

Temps de lecture: 5 minutes

Il s’agit d’un changement de génération au sens propre. Quelques étagères rotatives rappellent encore l’archivage de CFF Historic. Là où étaient autrefois entreposés livres, photos et affiches historiques travaille désormais la relève des professionnels de l’informatique. Bien concentrés devant leur écran, les jeunes gens sont absorbés par les lignes colorées du code de programmation. L’ambiance est studieuse.

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C’est également le bureau de Claudio, d’Alayne, d’Yves et de Sven. Quatre personnes, quatre histoires, un projet commun: le nouvel outil d’entretien de HR (voir encadré pour plus d’informations). Claudio Zesiger s’occupe depuis plusieurs années des futurs professionnels de l’informatique. Tous trois en formation, Yves, Sven et Alayne ont des parcours différents. Constructeur métallique certifié, Yves Bongni est désormais en 4e année d’apprentissage de sa seconde formation. Sven Jaun vient de décrocher son diplôme et se perfectionne maintenant à l’École supérieure. Alayne Hiltmann étudie quant à elle l’informatique à la Haute école spécialisée bernoise; elle partage son temps à égalité entre les CFF et l’établissement de formation.

Des différences et une union qui fait la force

Tout a commencé en mars 2020. Claudio et Sven sont présents depuis le début. «Au total, dix personnes en formation ont collaboré au projet», explique Claudio. Mais comment cela se passe-t-il lorsque dix apprentis différents, avec des stades de progression hétérogènes, développent ensemble un programme? «La rotation et la variété des caractères favorisent une dynamique saine», assure Claudio. Yves, Sven et Alayne le confirment: l’alchimie prend. «Nous nous complétons très bien», ajoute Yves. La créativité n’est pas son aspect préféré du travail, il s’intéresse plutôt à la logique derrière l’outil. Alayne apprécie pour sa part les tâches créatives: «J’ai toujours été fascinée par le graphisme et le design. C’est pourquoi je me suis surtout occupée de l’apparence extérieure de l’outil pour l’utilisateur.» Et Sven? «C’est un vrai touche-à-tout», atteste Yves.

De grandes responsabilités, dès le départ

Mais les jours de travail et de formation différents ne facilitent pas l’organisation; il est rare que tous soient au bureau en même temps. Les clés: une grande responsabilité personnelle et un nombre de réunions restreint. «Nous utilisons l’outil Jira pour gérer nos activités. Le principe: une personne est chargée d’une tâche», explique Claudio. L’équipe a réduit les réunions au strict minimum: 15 minutes par jour suffisent. «Je vais à l’école deux jours par semaine. Les trois autres jours, j’aime me consacrer à la production et non pas me retrouver coincé dans des réunions», affirme Yves, tandis que Claudio complète: «Ils travaillent de façon très autonome. Il n’est pas non plus nécessaire que tout le monde sache toujours tout.»

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Une situation bénéfique à tous

La clientèle est généralement intégrée aux échanges quotidiens: Benjamin Schaffner défend le point de vue de cette dernière dans ce projet. Employé au service HR des CFF, plus précisément au sein de l’équipe de recrutement, il utilise lui-même l’outil. «Les personnes en formation fournissent un travail exceptionnel et la collaboration est très agréable.» Pour les deux parties, la coopération présente des avantages: les apprentis développent un produit concret, mis en œuvre de façon effective. Et pour HR, cela revient moins cher que de confier le mandat à une entreprise externe privée. «Même si cela prend plus de temps, c’est vraiment une super initiative», pense Benjamin. La durée rallongée n’est cependant pas due à un manque de compétences, mais au fait que les personnes en formation ne travaillent pas cinq jours par semaine. «Nous disposons de très bons apprentis en informatique, qui peuvent parfois rivaliser avec les développeurs confirmés» confie Claudio.

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Féliciter plutôt que réprimander

Alayne, Yves et Sven apprécient les échanges d’égal à égal avec les membres du groupe de projet. «Les contacts sont faciles et nous sommes pris au sérieux», souligne Sven. «Lorsque Benjamin qualifie une nouvelle fonction de géniale, cela fait plaisir. Je travaille volontiers avec des personnes qui vont me féliciter plutôt que de me réprimander.» Et Alayne d’ajouter: «Dans un tel climat, personne ne perd sa motivation quand quelque chose ne se passe pas comme prévu.» Ce n’est pas le cas pour tous les projets? Tout le monde secoue la tête. «Malheureusement non. Certains donneurs d’ordre ne veulent pas accepter que leur demande soit irréalisable. Ils doivent d’abord l’entendre de la bouche du chef», déplore Yves. Mais l’informatique n’est pas de la magie toute-puissante, comme il le précise. Ainsi, Alayne, Sven et Yves plaident pour l’empathie et la compréhension mutuelle dans le cadre de la collaboration – c’est la recette du succès de ce projet.

Des entretiens d’embauche comparables grâce à l’outil dédié

L’outil d’entretien vient soutenir les spécialistes en ressources humaines ainsi que les cadres dans la préparation et l’organisation des entretiens d’embauche. Des questions aux candidates et candidats sont définies dans l’outil pour chaque offre d’emploi. Lors de l’entretien individuel ultérieur, toutes les personnes prétendant à un poste se voient poser les mêmes questions, ce qui garantit une possibilité de comparaison objective. Les collaborateurs de HR notent également leurs réponses directement dans l’outil. C’en est fini des pense-bêtes et les résultats sont conservés au format numérique pendant toute la durée de la procédure.