Ces cailloux sur lesquels roulent les trains

Au Palais fédéral, une exposition est consacrée aux matières premières minérales locales. Le ballast ferroviaire en fait partie. Il absorbe les vibrations engendrées par le passage de trains et empêche ainsi que l’eau de pluie ne s’accumule sur la voie. Mais d’où vient-il et que devient-il ensuite?

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1. Dynamitage en carrière

Les roches particulièrement dures adaptées à une utilisation comme ballast, telles que le basalte, la grauwacke et le granit, sont extraites en carrière par dynamitage. Les besoins en ballast des CFF peuvent atteindre 600'000 tonnes par an et l’entreprise en achète entre 500'000 et 530'000 tonnes chaque année. Environ 420'000 tonnes servent au renouvellement de la voie et 180'000 tonnes à son entretien. 80% du ballast utilisé vient de Suisse. Les 20% restants sont importés de l’étranger, principalement d’Allemagne.

2. Traitement

Les pierres sont calibrées à l’aide d’un tamis géant. Les plus petites sont rejetées et on ne garde que celles d’une certaine taille. Un gravier moyen de ballast mesure 32 × 50 millimètres. Au final, environ 30% de la roche dynamitée est utilisée comme ballast.

3. Transport

L’acheminement sur le chantier se fait souvent tout d’abord en camion, puis en wagon. Des livraisons de ballast sur le réseau des CFF ont ainsi lieu 358 jours par an en moyenne.

Exposition «Materia Helvetica» au Palais fédéral

Du 25.2.2022 au 3.8.2022, l’exposition «Materia Helvetica» au Palais fédéral est consacrée aux matières premières minérales locales, le ballast y est également mentionné.

L’exposition «Materia Helvetica» révèle le potentiel offert par les roches locales et attire l’attention sur les défis posés à l’approvisionnement de la Suisse en matières premières minérales indigènes, dus aux différents intérêts en termes d’utilisation et de protection du sol. La visite est gratuite, mais n’est disponible que sur rendez-vous.

Pour en savoir plus sur l’exposition «Materia Helvetica». Les CFF sont partenaires.

4. Incorporation au lit de ballast

Le gravier transporté par wagon est déversé sur le lit de ballast. Il est bourré avec une machine spéciale de manière à l’incorporer au lit de ballast, qui mesure entre 20 et 40 centimètres d’épaisseur. Au total, le réseau ferroviaire des CFF est long de 3236 kilomètres, et environ 20 millions de tonnes de ballast y ont été déposées à ce jour.

5. Renouvellement du ballast

Tous les trente ou quarante ans en moyenne, il est nécessaire de renouveler la voie ferrée. Cela implique de retirer en partie ou en totalité le ballast. On utilise pour ce faire des engins spéciaux longs de 300 à 600 mètres sur lesquels le ballast est nettoyé, concassé et calibré. Lorsque le ballast est encore utilisable, il est directement réinjecté dans le corps de la voie. 230 kilomètres de voie sont renouvelés de la sorte chaque année aux CFF.

6. Élimination

Le ballast sali et non réutilisable est retiré et nettoyé. La roche de bonne qualité est travaillée pour obtenir du gravier et du gravillon. Les pierres ainsi concassées sont utilisées de diverses manières, par exemple comme revêtement de chaussée en construction routière. En 2019, 243 000 tonnes de déblais de voies et de ballast ont été récupérées au total. Quelque 190 000 tonnes, soit 80%, ont été recyclées.